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Les 4 saisons de l’arbre

Dernière mise à jour : 17 janv.

La vie d’un arbre au printemps, en été, à l’automne et en hiver. Que voit-on au fil des saisons sur l’arbre ? Quels sont les événements principaux visibles pour tout un chacun ? Depuis la nuit des temps, les arbres vivent en harmonie avec le rythme saisonnier. Pour comprendre comment ces derniers vivent en corrélation avec le cycle climatique, découvrons ensemble les caractéristiques de chaque saison.

 


Printemps (mars – juin)


« Passage de l’intangible au tangible, l’équinoxe de printemps célèbre partout la naissance et la vie qui se déploie. C’est le temps de l’innocence de l’éveil aux choses du dedans et du dehors », Laurence E. Fritsch (historienne).

Au printemps, les arbres s’éveillent, les bourgeons éclatent, les fleurs s’ouvrent et les fruits se préparent, tandis que les graines tombées à l’automne germent. C’est à cette période que de nombreux processus se mettent en place dans les forêts, mais aussi les parcs et les jardins.


Synonyme de renouveau, le printemps permet la reprise des activités physiologiques et métaboliques des arbres. A ce moment de l’année, la majorité des feuillus retrouvent leurs activités. Mais comment font-ils ? Pour amorcer sa croissance et son réveil, l’arbre puise dans ses réserves en transformant l’amidon stocké en sucre.


Ce réveil, et début de la croissance, est d’abord invisible car souterrain. Les racines reprennent leur activité, elles s’allongent et captent l’eau et les ions nécessaires à la croissance de l’arbre. La sève se remet à circuler au sein de l’arbre, entraînant les bourgeons en sommeil à débourrer, c’est-à-dire à s’ouvrir. En s’ouvrant, de nouvelles branches feuillées apparaissent : c’est la feuillaison.


L’arbre reprend aussi sa croissance en épaisseur au niveau de ses branches, du tronc et des racines par l’intermédiaire du cambium. Cette reprise de l’activité du cambium est responsable des cernes annuels que l’on peut observer dans le bois. Le cambium forme au printemps un bois constitué de gros vaisseaux pour permettre le transfert de sèves, importants en cette saison : on parle de bois initial ou bois de printemps.


Vient ensuite la floraison. En l’espace de quelques semaines, au fur et à mesure que le temps s’adoucit, on peut voir apparaître les premières fleurs . Ces fleurs, par l’action des pollinisateurs (abeilles, papillons…) ou du vent, vont être fécondées et vont se transformer en fruits : c’est la fructification. La fructification peut également se poursuivre durant l’été.



Été (juillet – septembre)


L’été, la croissance en longueur des arbres se ralentit, pour finir par s’arrêter. Cependant, l’arbre en profite pour mettre en place ses nouveaux bourgeons, qui seront utilisés au printemps suivant. Il est important de mentionner que certains arbres font une deuxième pousse en été (espèces polycycliques). Les nouveaux bourgeons qu’il aura ainsi formés débourreront (ouverture des bourgeons) au cours de l’été et il les reformera par la suite pour passer l’hiver.


Si la croissance en longueur s’arrête, ce n’est pas le cas de la croissance en épaisseur. En effet, elle est initiée au printemps et se poursuit en été. Les vaisseaux alors formés seront plus petits car les transferts de sèves sont moins importants. Le cambium va donc produire un bois beaucoup plus dense et rigide : on parle de bois final ou bois d’été.


L’été est aussi le moment clef où l’arbre fait ses réserves et se prépare pour l’hiver. Ainsi, une partie du sucre produit par photosynthèse va être stockée dans ses fruits et son bois. L’arbre en profite pour faire mûrir ses fruits : on parle de maturation. Une autre partie du sucre est stockée sous forme de grains d’amidons dans le bois, qui lui serviront pour le printemps suivant, quand les feuilles ne seront pas encore présentes.


A la fin de l’été, l’arbre prévoit l’arrivée de l’hiver et ses faibles températures, en se mettant en dormance. Les cellules de l’arbre arrêtent leurs échanges, ne se divisent plus et se mettent au ralenti.



Automne (octobre – décembre)


Très appréciée et source d’inspiration pour de nombreux artistes, l’automne est une saison de transition entre l’été et l’hiver dans la vie de l’arbre. Souvent représentée par les couleurs et la chute des feuilles, elle n’en reste pas moins très importante dans leur cycle de vie.


En effet, à cette saison, l’arbre continue sa préparation pour l’hiver. Ainsi, il se débarrasse de ses feuilles, devenues inutiles avec le faible ensoleillement et les faibles températures qui ralentissent l’activité des enzymes nécessaires à la photosynthèse. L’arbre procède alors à leur « désassemblage » en récupérant une partie des molécules qu’elles contiennent.


Avant de tomber, les feuilles jaunissent. La chlorophylle (verte) jusqu’alors renouvelée régulièrement, cesse de l’être et laisse apparaître d’autres pigments (jaunes et oranges) jusqu’alors cachés car moins représentés que la chlorophylle. Cette mosaïque de couleurs donne un charme particulier à cette saison.


Après cette phase d’enchantement, les feuilles viennent à tomber. Mais comment l’arbre s'en débarrasse-t-il ? Pour que cette chute soit sans risque pour l’arbre, il met en place une zone d’abscission entre la feuille et le rameau (également pour les fruits). Cette zone permet de fragiliser le pétiole de la feuille (lien entre celle-ci et la branche) et d’anticiper la cicatrisation pour limiter l’entrée de pathogènes. Chez certains arbres comme le chêne, les hêtres et les châtaigniers, cette zone d’abscission ne se fait pas toujours correctement : on parle de marcescence. Les feuilles ne tombent pas à l’automne et restent en place l’hiver, mais finissent par tomber au printemps.


Toutefois, tous les arbres ne perdent pas leurs feuilles. C’est le cas de la plupart des conifères mais aussi de quelques feuillus. Pour les conifères, leurs feuilles modifiées résistent à l’hiver. Elles sont recouvertes d’une « graisse » et possèdent sous l’épiderme une « barrière » de cellules mortes, les protégeant du froid et de la déshydratation. Leurs stomates, permettant les échanges gazeux entre l’intérieur et l’extérieur, sont protégés du vent et du froid, et sont regroupés généralement en bandes pour limiter la déshydratation.


On relève quelques exceptions chez les feuillus. Pour les quelques espèces qui ne perdent pas leurs feuilles, le principe est similaire : la feuille est recouverte d’une graisse protectrice et pour certaines, les stomates sont protégés par une couche de poils sur la face inférieure de la feuille.




Hiver (décembre – février)


Sans l’hiver, qu’adviendrait-il du paysage forestier ? A la fois terrible et magnifique, cette saison ne reste pas moins indispensable pour le bon fonctionnement végétatif des arbres sous nos latitudes.


L’une des préoccupations majeures des arbres en hiver, est d’empêcher le gel. Période où les forestiers de plaine sont les plus actifs, c’est le « repos » annuel pour les végétaux (sous nos latitudes). L’arbre doit s’accommoder du froid et des gelées en évitant à tout prix que l’eau qu’il contient ne gèle. Pour cela, il va donc réduire la quantité d’eau présente en son sein, augmenter sa concentration en sucres afin de diminuer la température du point de gelée, et produire des protéinées empêchant les cristaux de glace de grossir.


Si la sève brute (sève provenant des racines) présente dans les vaisseaux gèle, le gaz dissous qu’elle contient est expulsé et se rassemble sous forme de bulles. Ce phénomène peut engendrer au dégel une embolie hivernale (accumulation de bulles d’air qui se forment dans les vaisseaux qui transportent la sève brute, à la suite de période de gel-dégel).


3 stratégies contre l’embolie hivernale :

  • L’empêcher : plus les vaisseaux sont petits, moins il y a de risques d’embolie. C’est l’exemple des trachéides chez les conifères. Ces derniers disposent aussi de ponctuations auréolées, sortes de clapets qui en se fermant limitent la propagation de l’embolie.

  • La supprimer : certains feuillus ont la capacité au cours de l’hiver de faire disparaître par dissolution les bulles de gaz, en augmentant la pression de la sève dans leurs vaisseaux (noyers et érables). On rencontre aussi ce phénomène chez tous les arbres au printemps, et lorsque la poussée racinaire reprend, la pression augmente au sein des vaisseaux de l’arbre.

  • Recréer des vaisseaux : une fois les vaisseaux endommagés, ils ne peuvent plus assurer leurs rôles et l’arbre va, au printemps, recréer de nouveaux vaisseaux par l’intermédiaire du cambium.

Sans l’hiver, l’arbre est « perdu » sous nos latitudes. Le froid hivernal est l’une des clefs de la levée de dormance. Pour ce faire, l’arbre doit être exposé au froid (entre 7°C et 0°C) suffisamment longtemps et ensuite être exposé à une température supérieure à 7°C. Après la levée de dormance, les sucres stockés dans l’eau présente dans l’arbre sont ré-assimilés dans le bois sous forme d’amidon jusqu’au débourrement. Ces phénomènes de dormance existent aussi chez certaines graines



C’est ainsi que les saisons façonnent les arbres, au gré des saisons et des conditions qu’elles imposent. Adaptation et résilience, tel sont les maîtres mots qui semblent définir les arbres. Cependant, le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité viennent grandement perturber ce mécanisme millimétré.


Pour cela, Etats Sauvages s’engage quotidiennement en protégeant la biodiversité forestière avec notre projet Forêt Sauvage. Mobilisons-nous pour préserver nos forêts. Mobilisons-nous pour que les prochaines générations puissent s’émerveiller devant ce spectacle de la nature.


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