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Les Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux ISDND

Dernière mise à jour : 12 déc. 2020

Nous entendons beaucoup parler des déchets et notamment des actions permettant de les réduire. Si chacun a un rôle primordial à jouer dans leur fabrication en fonction de ses habitudes de vie, et que de plus en plus de solutions de retraitement apparaissent, il existe malgré tout des déchets qui ne sont pas valorisables par recyclage. Ils sont appelés déchets ultimes. A ce titre, il sont réglementairement les seuls à pouvoir être stockés (enfouis) dans un Centre de Stockage des Déchets Ultimes (CSDU). Selon le Code de l’Environnement (art. L541-1), un déchet ultime est défini comme tout déchet « résultant ou non du traitement d’un déchet, qui n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux. »


Si nous pouvons agir sur notre production de déchets, leur devenir dépend des choix de nos communautés de communes et des offres locales de traitement. Aussi, une fois nos déchets valorisables triés, la part non triée de nos ordures ménagères (appelée déchets ultimes) est soit incinérée soit placée en centre de stockage. Anciennement appelés décharges, les Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux ISDND ont évolué pour maitriser leur impacts environnementaux.



Qu'est-ce qu'une installation de stockage de déchets non dangereux ? Quels sont leurs impacts réels sur l'environnement ?


L' ISDND est une installation classée pour la protection de l'environnement soumise à autorisation. Son activité est régie par un arrêté préfectoral (qui fixe notamment les quantités de déchets qu'elle peut recevoir et sa durée d'exploitation) et par l'arrêté ministériel du 15 février 2016 relatif aux installations de stockage de déchets non dangereux.


Une ISDND est constituée de casiers de stockage où sont placés les déchets ultimes non dangereux. Toutefois il est important de considérer que les déchets ultimes correspondent à des déchets qu'on ne peut pas actuellement valoriser dans des conditions économiques acceptables.


Ils sont composés pour environ un tiers d'ordures ménagères et pour le reste de déchet industriels non dangereux (exemple plastiques non valorisables), monstres de déchetterie... Stockés dans des casiers rendus étanches par une barrière dite passive c'est-à-dire une couche épaisse d'argile imperméable et d'une barrière dite active en géomembrane (soudée et contrôlée avant toute utilisation), les déchets sont apportés par camions pesés et enregistrés pour assurer leur traçabilité. Un portail de contrôle de la radioactivité permet d'interdire l'accès du site à tout déchet radioactif.



Les déchets sont vidés à l'entrée du casier sous le contrôle des conducteurs d'engins. En cas de déchet interdit (déchets recyclables ou déchets dangereux), ceux-ci sont isolés. Les déchets sont ensuite mis en place dans le casier et tassés par un compacteur. Au fur et à mesure de la mise en place des déchets, des équipements de collecte des effluents (liquides et gazeux) sont montés, et, afin de limiter l’envol de déchets ou leurs odeurs, une fois compactés ils sont recouverts. Les casiers sont fermés au bout de 1,5 à 2 ans d'exploitation par une nouvelle géomembrane soudée pour être étanche. Les puits de collecte de biogaz (générés par la dégradation des déchets organiques) sont alors raccordés. C’est au plus tard deux ans après la fin d'exploitation, que les casiers sont recouverts d'une couverture finale composée d'une couche de drainage et d'au moins un mètre de terre végétale puis végétalisés. En post-exploitation, les casiers sont surveillés et les effluents traités pendant au moins 30 ans. Le contrôle par l'administration des ISDND est exigeant.


La décomposition des déchets génère du biogaz. Il est à l'origine des odeurs et est composé essentiellement de méthane, ce gaz à effet de serre qui contribue fortement au changement climatique. Son potentiel de réchauffement global (PRG) est 28 fois plus élevé que le CO2. Il est donc fondamental pour les ISDND de capter le biogaz. Celui-ci est collecté dans les casiers après leur fermeture par un réseau de canalisations, puis épuré pour en supprimer soufre, silice et humidité. Il s'agit alors d'une énergie. En fonction des ISDND, il est :

  • Soit utilisé dans des moteurs pour produire de l'électricité qui est envoyée sur le réseau,

  • Soit brûlé dans des évapotranspirateurs, installations permettant d'évaporer les lixiviats traités pour limiter les rejets liquides,

  • Soit injecté dans le réseau de gaz naturel et donc utilisé par exemple pour le chauffage.


Une surveillance du réseau biogaz est effectuée et une cartographie des émissions diffuses de méthane est réalisée pour s'assurer de l'étanchéité des casiers. En cas de disfonctionnement de l'installation de valorisation, une torchère de sécurité permet de brûler le biogaz.


Les jus collectés dans les casiers sont appelés lixiviats. Cet effluent chargé est traité soit in-situ par des stations de traitement des eaux, soit pompé et envoyé par citernes dans des stations de traitement des eaux urbaines. De plus en plus d'ISDND sont en zéro rejet liquide. Dans ce cas, les lixiviats une fois traités sont évaporés sur site. Pour les autres, les effluents traités sont rejetés après analyse dans des fossés en limite de site. Enfin pour certains ISDND, l'exploitation se fait en bioréacteur, c’est-à-dire que les lixiviats sont réinjectés dans les casiers fermés. Cela permet d'accélérer la dégradation des déchets, et par conséquent la production instantanée de biogaz tout en veillant à ne pas accumuler de lixiviat en fond de casier.


Sur ces installations, le biogaz est surveillé, les effluents liquides analysés avant et après traitement et la qualité de l'eau dans la nappe phréatique surveillée par des piézomètres (canalisations permettant le prélèvement d'eau en profondeur dans le sol). Les eaux de ruissellement (eaux de pluie en dehors des casiers) sont également surveillées.



Qu’en est-il de la biodiversité ?


Lorsque la création des ISDND induit la disparition de milieux naturels intéressants (par exemple des zones boisées ou des mares forestières), des arrêtés préfectoraux leur imposent la mise en place de mesures compensatoires. Ces mesures visent généralement à conserver des terres pour y recréer des milieux équivalents sur des surfaces plus importantes (création de mares, reboisement...). Elles implique parfois le déplacement de populations. Un suivi biologique des milieux recréés est mis en place et effectué par des entreprises ou des associations spécialisées. L'efficacité des mesures compensatoires dépend beaucoup du type de biotope à reconstituer. Si elles limitent l’impact sur le milieu naturel, elles ne sauraient remplacer un écosystème mature.



Les oiseaux sont plus ou moins présents dans les ISDND en fonction de la présence de déchets organiques. Il s'agit principalement d'oiseaux marins (mouettes et goélands), mais on peut également observer des cigognes et des rapaces attirés par les rongeurs. Il s'agit soit d'oiseaux de passage soit d'espèces nichant à proximité. Outre les difficultés d'exploitation, la présence d'oiseaux en nombre induits des plaintes du voisinage : ces derniers emmenant des déchets pour les consommer ailleurs ou s’attaquent aux semences dans les champs environnants. L'effarouchage était précédemment pratiqué (bruit, fauconnerie) mais les pratiques évoluent. Outre, son manque d'efficacité, car les oiseaux revenaient, il avait pour conséquence leur dispersion, générant des nuisances. Aujourd'hui, il n'y a plus d'effarouchage, les ISDND ont appris à vivre avec les oiseaux, et vice-versa. Les oiseaux sont maintenus sur place et certains sites font effectuer des comptages ou développent des partenariats avec des associations qui effectuent des visites.


Bien qu'artificiels, les casiers en post-exploitations, une fois végétalisés, calmes et peu fréquentés, sont propices au développement d’une biodiversité : orchidées, insectes, amphibiens, reptiles… et des mesures sont prises de façon volontaire pour la favoriser. Les ISDND veulent modifier leur image et nombreux sont ainsi les sites qui mettent en place des parcours de biodiversité pour les visiteurs. Les mesures les plus fréquentes sont liées au fauchage (tardif/différé/sans ramassage) et à l'éco pâturage. On trouve également des mesures spécifiques à la faune locale telles que la mise en place de pierriers pour les reptiles, ou de tas de bois mort…



Quel levier d’amélioration ?


Une fois les mesures prises pour limiter les impacts environnementaux des ISDND, le stockage des déchets reste malgré tout un énorme gâchis de matière. Si la part fermentiscible est valorisée via la collecte du biogaz, le reste est perdu. Des projets de récupération de ces matières ont été menés mais ils ne sont pas économiquement viables. Le coût de la matière neuve n'est pas actuellement suffisamment élevé pour inciter les entreprises à révolutionner leur mode de fonctionnement et extraire de cette manne les matériaux qu'elle contient.


En 2010, en France, 244 ISDND ont reçu un peu moins de 20 millions de tonnes dont 36 % d'ordures ménagères (données ADEME 2018).


Vous voulez en savoir plus ? N'hésitez pas à contacter les installations de stockage de déchets autour de chez vous. La plupart se visitent Il n'y a rien de mieux pour se faire une opinion.



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